PlaNet Finance Maroc

Lutte contre l'exclusion, soutien au secteur de la création d'entreprise par le biais de la microfinance.

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Portraits de micro-entrepreneurs

Hafida Abaallal : tissage

Hafida Abaallal est une jeune femme du district de Khaf N'sour, dans la province de Khenifra. Depuis 12 ans, elle travaille dans le tissage, une activité exercée par toute sa famille, et que sa mère lui a enseigné.
Il y a deux ans, elle a décidé de recourir au microcrédit pour développer son activité. Elle a ainsi obtenu un prêt auprès de l’Association de Microfinance Oued Srou (Amos) qui lui a accordé un crédit de 1500 Dhs, dans le cadre d’un groupe solidaire.
La vie de Hafida a connu un changement radical avec le microcrédit. Celui-ci lui a permis d’acheter davantage de matière première à Khenifra et donc d’augmenter largement sa production. En outre, cet apport d’argent frais, qui ne vient ni des “Daret” ni d’un usurier, lui a donné l’opportunité de réaliser de nouvelles choses, de chercher de nouvelles idées. Alors qu’elle ne produisait auparavant que des tapis de laine traditionnels, elle s’est diversifiée dans les coussins, les couvertures, etc. Tout le village s’est d’ailleurs lancé dans la production de nouveaux produits suite à l’arrivée des associations de microcrédit.
Sa vie privée a également connu des améliorations importantes. Elle se prend désormais en charge et participe au revenu du foyer. Mieux encore, cette maman d’une petite fille de 5 ans, qui n’a jamais été à l’école, est aujourd’hui inscrite dans un programme d’alphabétisation proposé par Amos
Hafida, qui vit chez son beau père avec sa fille et son mari, rêve à présent d'avoir sa propre maison et envisage pour cela d’avoir recours à un crédit logement.

Najem Khadija : couture
Najem Khadija est mariée et mère de trois enfants. Elle habite dans l’ancienne médina de Meknès. Son activité principale est la couture à la machine et de la broderie fassi à la main. En plus de son commerce, elle s’occupe de la formation des personnes handicapées. Son revenu annuel varie entre 1 300 dirhams (120 euros) et 5 000 dirhams (461 euros) selon les commandes. Elle est propriétaire de son local. Elle en est à son sixième microcrédit, toujours avec des montants croissants. Les échéances de remboursement sont de six mois à chaque fois. Le taux d’intérêt de 2 %. Le but du premier prêt était éducatif : inférieur aux besoins réels, c’était un prêt test pour vérifier la capacité de remboursement. Le deuxième prêt avait pour objectif de faire des économies pour acheter une machine, ce que lui a permis le dernier emprunt. À chaque fois, le prêt est collectif, dans un groupe de huit personnes. L’obtention de ces prêts a permis à Najem d’ouvrir un compte en banque. Elle a pu augmenter sa production et vendre ses produits plus cher à Rabat. Elle emploie aujourd’hui dix personnes qui travaillent à la commande, le soir. Ses enfants peuvent désormais partir en excursion avec leurs amis et prennent des cours particuliers.
Fatima Ait Hassou : tissage de sacs, tapis et paniers
Fatima Ait Hassou est mariée et mère de quatre enfants. Elle habite à Bouarfa. À 39 ans, elle est spécialisée dans le tissage de sacs, tapis et paniers. Elle a obtenu six prêts collectifs de 4 000 dirhams (370 €) chacun. Les prêts qui lui ont permis de financer l’achat de matières premières sont collectifs : elle appartient à un groupe de cinq femmes qui s’entraident mutuellement pour le remboursement. Fatima a embauché sept personnes. Grâce à la microfinance, elle peut envoyer deux de ses enfants à l’école et leur apporter une meilleure alimentation. Désormais, au sein du foyer, son mari apporte un revenu principal qu’elle vient compléter.
Karim : guide touristique
Depuis une dizaine d’années, Karim, 35 ans, vit à Ain Leuh. Il est guide touristique, en complément d’une activité familiale de petite restauration. Karim n’a pas encore d’autorisation officielle pour son activité de guide malgré six demandes déjà effectuées. Passionné par son pays, il accompagne ses clients, des touristes pour la plupart, à travers le Maroc, sur des circuits de randonnée. Au début de l’été 2004, Karim a bénéficié d’un microcrédit de l’AMSSF d’un montant de 650 € remboursable sur douze mois à un taux d’intérêt annuel de 18 %. Avec ce prêt, il a acheté des équipements pour son activité de guide : deux vélos tout-terrain, un télescope et des jumelles – Ain Leuh étant proche d’un site d’où l’on peut observer des oiseaux migrateurs. Il a également financé des travaux d’aménagement intérieur. Afin d’accueillir des touristes, il a acheté un lit et un matelas et a aussi financé la construction d’une douche chez son frère. Karim oeuvre pour que sa commune puisse proposer une offre touristique complète. Aux groupes de touristes qu’il reçoit, Karim propose des " journées découvertes " henné et hammam et des repas sous les tentes avec des groupes de musique folklorique. Il fait ainsi largement bénéficier de la venue de ces touristes d’autres microentreprises de la région. Très actif, Karim est en contact avec plusieurs associations franco-marocaines de promotion du " tourisme éthique " et a pour projet de s’associer à Soraya – une autre cliente de l’AMSSF – pour ouvrir un camping à Ain Leuh. Selon Karim, le microcrédit est prometteur pour développer le tourisme rural dans sa région, mais il faut aussi proposer aux porteurs de projet des formations sur le tourisme et la gestion de projet. Karim souhaiterait par exemple participer à une formation de secourisme et approfondir ses connaissances de la faune et la flore pour pouvoir offrir des prestations de qualité à ses clients.
Mohamed Saïd : entreprise de recyclage
Plein d’ambition et d’initiatives, Mohamed Saïd est un père de famille de 33 ans qui a eu l’idée de créer une micro-entreprise de collecte et de recyclage des déchets plastiques en la zone rurale de Meknès.
Mohamed Saïd s’est heurté à plusieurs difficultés pour mener à bien son projet, d’abord parce qu’il est analphabète. Ensuite, parce qu’il n’a pas pu obtenir le soutien des entreprises de sa région, peu sensibles aux microprojets, pour se former aux techniques de recyclages.
Mais, à force de persévérance et de détermination, Mohamed Saïd a réussi à concrétiser son projet.
En 2007, grâce à la Fondation Ardi, il réalise un prêt solidaire de 3 000 dh avec lequel il finance la fabrication d’une machine à recycler dont il a conçu les plans.
En 2008, il effectue un second prêt solidaire d’un montant de 8 000 dh qui lui permet de développer son activité et d’améliorer nettement les conditions de sa famille : rénovation de la maison, scolarisation de son enfant…etc.
Parti de rien, Mohamed Saïd emploie aujourd’hui 14 personnes et espère effectuer prochainement un prêt individuel de 10 000 dh pour se lancer dans une nouvelle activité : la fabrication de briques pour le bâtiment.
En 2009, Mohamed Saïd a été l’heureux lauréat de la 2ème édition des « International Microfinance Awards » organisés par le groupe PlaNet Finance à Paris. A cette occasion, il a reçu le Prix « Meilleur projet Environnement » d’un montant de 1 000 euros pour sa micro-entreprise de recyclage de déchets plastiques.
Mohamed Saïd n’en est pas à son premier prix. Il s’est déjà distingué au Maroc en remportant le Prix du « Meilleur projet de développement durable » à l’occasion des 3èmes « Microentrepreneurships Awards » organisés par PlaNet Finance Maroc et la Fondation Citi en décembre 2008 à Casablanca. Un bel exemple de réussite pour tous les micro-entrepreneurs du Maroc.